Je n'aime pas ces soirées où les victuailles sont à disposition sur des tables dressées, où il faut se bousculer pour atteindre les verrines colorées. Ces soirées entres "potes" où chacun se démerde comme il peut pour tenir d'une main la flûte de Champagne l'assiette en plastique tordue par le poids d'un cuillerée d'une salade de riz et un morceau de pain riquiqui, je ne suis pas à mon aise lorsqu'il est de bon ton de s'intégrer dans un petit groupe de trois quatre cinq personnes qui sont déjà en train de parler de rien... ce n'est pas de la timidité non, ça ne me convient pas simplement il me semble que ça sonne faux. Bon généralement il y a du spectacle alors je prends un peu de distance et j'observe, je guette le sourire là-bas poli ou sincère cette Dame qui ne décoince pas depuis tout à l'heure devant la coline de canapés au saumon fumé et qui s'empiffre, le type là-bas qui s'emmerde comme moi.

J'aime une journée comme celle-ci seul depuis sept heures et demie et jusqu'à vingt et une heures je n'ai rien fait sinon aller chercher le pain et un morceau de viande chez le boucher à l'exception de ces deux commerçants pas vu une âme, alors j'ai écouté six à sept chansons à un volume conséquent et puis une sieste géante affalé sur le Fat Boy en plein soleil sur la terrasse au dessus de ma tête dans le bleu profond du ciel des avions pressés j'imagine les affairés engoncés dans un fauteuil trop petit dans une heure l'atterissage à Charles de Gaulle ou Bruxelles ce soir ils auront le droit à une soirée privée pour le lancement du dernier machin, pour l'inauguration du dernier bidule... quelques uns s'emmerderont ferme... pas comme moi aujourd'hui.