Dans une rubrique Cuisine, que je délaisse trop souvent au profit de péripéties péripétiennes. J'ai envie de fatiguer le clavier aujourd'hui sur un petit bout de bout du monde qui a illuminé ma prime jeunesse "tain, rien que d'écrire ça et j'ai larme qui monte à l'oeil... "trop sensible, le Bleck ?"

Mais tout d'abord et en réponse à Aude et à ses mots qui le valent bien, le Carpaccio de Saint-Jacques :

- Ingrédients : De belles et très fraiches coquilles St-Jacques (quatre par personnes me semble raisonnable) de la fleur de sel, un citron bio, de l'aneth, une belle échalotte grise, du persil plat, une jolie huile d'olive un couteau d'office qui coupe (pléonasme) et un réfrigérateur (certes, en ce moment tu peux te passer du réfrigérateur mais les Cambodgiens ont le droit d'essayer le Carpaccio de Saint-Jacques de Bleck !)

- Réalisation : Ouvrir les Coquilles, les nettoyer et ne conserver pour cette recette que la noix (le corail peut être mis au congélateur, il servira ultérieurement pour une sauce si le coeur vous en dit) Préparer "la sauce" : dans un bol mettre le jus d'un demi citron, l'aneth, le persil, l'huile d'olive, le sel et l'échalotte ces ingrédients doivent être coupés petitement mais à titre perso, j'aime gouter chaque élément je n'utilise qu'un couteau et pas de robot et puis avec un robot c'est trop facile !

Découper finement les noix de Saint Jacques dans l'épaisseur et répartir sur une assiette bien plate, verser dessus la marinade et recouvrir d'un linge enfourner au réfrigérateur "pourait-on dire réfrigérer au four... m'en fous" deux petites heures.

Deux petites heures suffiront pour faire l'amour dignement, déguster deux flutes de Champagne et prendre une douche.

Ensuite, se mettre à table en prenant soin de déposer sur la table le grille-pain et une bouteille d'un joli blanc (je suggère ici un Ménetou Salon) faire griller délicatement quelques tranches d'un beau pain de campagne déposer les lamelles de St. Jacques un tour de moulin à poivre et soudain la vie est magique.

- Lisettes façon quai de Caligny.

Lorsqu' Yvonne bondissait dans le magasin en brandissant un morceau de journal ruisselant et qu'elle s'écriait : "Jean, Jean... Marie avait des lisettes ce matin !" Je savais que la journée n'allait pas être perdue.

Marie c'est une des trois femmes de pêcheurs qui étaient installées chaque matin dès la débarque afin de vendre à la criée le résultat d'heures de navigation de leur homme, elles étaient installées le dos à la mer en plein vent de Noroît et juste en face du magasin de souvenirs que tenait ma tante Yvonne face au pont-tournant sur le quai de Caligny. Les lisettes ce sont de tous petits maquereaux et ça coute que dalle et c'est divin.

- Ingrédients : quatre ou cinq lisettes par personnes, de la créme fraiche, de la moutarde, du sel (on ne parlait pas de fleur de sel à l'époque et c'était aussi bon.) du poivre, un four.

- Réalisation : vider et la laver sous un filet d'eau les lisettes les déposer délicatement sur une grille de four et les faire griller à plein régime (ça va très vite !) pendant ce temps dans une petite casserole préparer l'accompagnement : Trois cuillerées de crème fraiche, de la moutarde (une cuillerée) sel remuer délicatement, c'est prêt.

Dans chaque assiette déposer deux ou trois petites pommes de terre cuites dans leur peau à la vapeur, les lisettes fumantes un gros trait de moutarde crémeuse, servir avec un verre de Muscadet (on ne parlait pas de Ménetou Salon à l'époque et c'était aussi bon.) Et la vie va bien.