Voilà trente-sept ans que je fréquente deux à trois semaines par an un appartement situé dans le onzième arrondissement de Paris en haut de la rue de la Roquette et à deux cent mètres du Père Lachaise, un immeuble banal construit dans les années soixante dix.

 

J'ai vu évoluer ce quartier le bistrot Arabe est devenu un Laounge, la boulangerie du coin de la rue vend plus de sandouiches que de pains, il y a deux niveaux de grilles et quatre codes différents pour parvenir au cinquième étage, l'atelier de reprographie est devenu une brocante on n'y expose que des objets siglés 70', le prix du M2 est devenu débile (il l'était dèjà en 1981),  en soirée les terrasses sont peuplées du même plublic qu'à Bastille, le couple de concierges était Portugais, ils sont d'origine Congolaise, il n'y a pas plus de SDF ils sont différents depuis quelques temps ils ésdéfent en famille...

J'ai souvent croisé Roger, cette fois on a entamé la discute sur le niveau de prestation de la pharmacie d'à côté, dans l'ascenceur il m'a demandé "ça fait un bout qu'on se croise comment trouvez-vous l'évolution du quartier ?" arrivé à son étage il a ouvert la porte j'en suis ressorti une bonne heure plus tard, on a bu une bière :

Le père de roger était serrurier, son père à lui était forgeron à trois cent mètres dans le local miteux juste derrière. Les deux ateliers était dos à dos séparés par  une grande cour mal pavée et bordée d'appentis aux planches disjointes couvents de tôles percées y avait des carrioles, des lapins et  un petit jardinet où la mère de Roger étendait son linge et celui des voisines qu'elle lavait pour quelques francs...

Un matin de printemps un Monsieur bien habillé a crevé une roue de sa magnifique 504 couleur bronze décapotable, le temps de réparer ils ont discuté avec le père de Roger... c'était le printemps 73.

Quatre ans plus tard, la famille de roger habitait toujours au même endroit, non plus au dessus de l'atelier là ou les toilettes étaient commune, non ils logeaient à la même adresse mais dans le grand appartement moderne situé tout en haut en attique, ils sont riches.

La 504 couleur bronze est revenue plusieurs fois "j'ai une proposition à vous faire, j'achète votre terrain" la famille de Roger n'était absolument pas d'accord "où j'vais mettre tout mon fourbi, eh pis l'école du petiot et puis je ne veux pas déménager, c'est tout !!"

La 504 couleur bronze est revenue plusieurs fois, un notaire un avocat sont intervenus... "réfléchissez"

Roger était ado et finissait un cap d'aide comptable, il n'a jamais travaillé. Un hectare vendus au prix du marché de l'époque plus quelques gratifications, un appartement de 120 mètres carrés avec terrasse au sommet d'un des deux immeubles construits simultanément, le père de Roger à acheté les quatres locaux commerciaux du rez de chausssée et puis quatre places de parking.

Aujourd'hui Roger est très riche, il possède toujours ses biens immobiliers il en est à plus de cent places de parking qu'il gère tranquillement, Roger va bien.

Je sais par ailleurs qu'il est marié avec une Dame d'origine asiatique ils ont adopé deux petits enfants, Roger est passionné par les vieilles motos, collectionneur de timbres il est très engagé dans des causes dites sociales, il voyagent en tendem.

Certes j'avais croisé Roger auparavant des bonjours bonsoirs et puis cette heure à discuter, je n'aurais pas imaginé la vie de ce type à l'allure un peu marginale et sympathique... Roger va vraiment très bien.