Depuis le bureau où j'écris ces quelques lignes je peux voir une rangée de pins ensuite une maison et puis la lisière de la forêt, de celle qui borde le bassin d'Arcachon, qui va lécher la métropole Bordelaise, cette forêt qui borde l'océan se faisant bouffer mois après mois par le sublime ourlet de la grande dune, cette même forêt qui a asséché le grand territoire des marais de Gascogne avec ses millions de fûts noirs...

En été lorsqu'après quelques heures de plage on quitte le ruban de sable il faut monter la dune et ses oyats ça demande un certain effort, la montée peut être sévère on subit le bruit des rouleaux qui dans notre dos attaquent et font reculer le littoral inlassablement, dès qu'on a passé le sommet de ladite dune le vent, le fracas des vagues se termine. J'aime me poser un instant et regarder un autre océan, celui de la forêt on est alors au dessus du sommet des pins, du vert tendre jusqu'à l'horizon pas un immeuble, pas une maison le ciel bleu et à perte de vue un océan d'aiguilles de pin... alors il suffit de descendre doucement et la morsure du soleil fait place à la douceur, au sol un épais tapis d'aiguilles séches, le noir des mats tordus et des milliers de parasols naturels, la sève odorante... Il est temps de reprendre la bicyclette et de s'abreuver à une terrasse.

La forêt des Landes c'est également avril et les nuages de pollen qui envahissent tout, qui couvrent les cours de Bordeaux d'une couche de poussière jaune absolument dingue, le bonheur des allergologues. Une industrie assez discréte tu l'apprécies comme moi, ce superbe papier kraft... un gigantesque nid pour le gibier, les zoziaux et autres écureuils. C'est un filtre et un poumon fantastique, l'emblême d'une région. Mais on ne peut pas parler de cette forêt en oubliant ses drames, comme de gigantesques incendies ou ses hectares dévastés par le vent... d'autres vont vous parler de la déforestation.

J'y viens justement, une dizaines de pins tauzins se tiennent fièrement à moins de huit mètres de ma maison sur une terrain communal ces arbres sont là depuis plusieurs décennies et ils culminent à plus de quinze mètres ils sont situés au vent dominant, la question n'est pas de savoir s'ils vont tomber mais quand.

Un paysage nu sans végétation c'est quelque chose de mort, un terrain vide d'arbres c'est désolant. Nous avons choisi notre lieu d'habitation son environnement immédiat, nous avions l'accord de principe pour couper les arbres dangereux...  ce n'est toujours pas fait... l'administration.

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Rien de terrible là-dedans, c'est important mais pas grave. J'aime "mes" arbres ils font partie de mon décor, c'est moi l'intrus ils étaient là bien avant moi, la nuit j'aime le bruit sourd dans la fûtée lorsque le vent les agite doucement, l'ombre qu'ils m'offrent et toute la vie qu'ils font vibrer, ils m'isolent des inconvénients des "autres"... j'adore les deux là, ceux qui supportent les extrémités de mon hamac, ce sont mes préférés. J'aime beaucoup les arbres.