- Sous-Titre : Quelle année...

 

Hier soir nous étions chez des potes à une soirée jeu de Toc (ou de planteux, suivant la région...) lors d'une pause Hélène nous demande si nous avions entendu une blague "quelle blague, donc  ??" - ben, un poisson nous sommes le premier avril !

 

Oh putain, c'est pas vrai... le premier avril ! Déjà une année que je ne suis plus salarié, ma première année de retraité est finie...

Alors ils ont insisté pour ouvrir une deuxième bouteille, une année de retraite... jean-marc ça fait deux ans et demi qu'il pointe plus du tout, la femme de ma vie ça fait sept mois qu'elle ne subit plus les cris des petits n'enfants et les z'humeurs des collègues, Hélène à trois ou quatre ans à tirer, son dos n'en peut plus, elle commence à cumuler les séquences d'arrêt maladies... trois ou quatre ans à tirer...

Demain, le 3 avril ce magnifique "Bleck Attitude" aura dix ans et depuis hier je suis retraité.

C'est à la fois une évidence absolue et en même temps absolument incroyable, j'ai sincèrement une certaine difficulté à définir l'état de mon (notre) statut social... ce qui est évident c'est le plaisir de chaque jour, une grande impression de liberté comme une page ouverte et vertigineuse.

Le basculement à été voulu, très attendu absolument pas préparé et total. En quelques mois retraite, changement de lieu de résidence et de revenu financier : à ce jour le bilan est très positif.

 - L'oseille, le flouze, les artiches : En ce qui me concerne mon revenu a été divisé par deux, celui de la femme de ma vie de très peu (fonctionnaire éduc nat) résultat depuis un an on est tenus de respecter un budget (ne serais-ce que faire un budget on ne savait pas ce que c'était...) Nous avons toujours vécu tel des petits oiseaux sur la branche et jusqu'à ce jour on ne le regrette pas, faut maintenant faire gaffe ok, on fait gaffe.

 - Déménagement : Que du plaisir, puisque nous avons trouvé une maison qui nous correpond dans un lieu qui nous correspond (nous avons eu beaucoup de chance) Nous vivons à moins de une heure de la métropole Bordelaise je ne ressens pas le besoin ou l'envie de m'y rendre souvent toutefois nous y allons régulièrement puisque nous avons conservé les mêmes relations amicales (au passage je remarque que jusqu'à présent "ils" continuent à venir nous rendre visite) Sur le Bassin nous commençons une ou deux relations copinesques facilitées par le fait qu'il s'agit d'un lieu plébiscité par les individus de même statut.

"Alors... qu'est-ce que tu fais à la retraite ??"

C'est LA question de tout proche futur retraité, c'est l'interrogation d'un grand nombre de personnes, cette phrase est prononcée avec à la fois curiosité et une expression flirtant avec un certain degré d'inquiétude.

Que veux-tu que je réponde à ça... en fait, je me suis fait une formule qui correspond à ça :

"Ecoute, c'est pas compliqué la retraite c'est ce que tu peux t'imaginer au mieux et tu rajoutes 30 pour cent de bonus, mais attention, ça ne va pas TE changer fondamentalement, ce sera TOI simplement hors système du travail."

Peut être que dans quelques mois ou dans trois ou quatre ans je serai addict au club de boules, des séjours organisés par le club de randonnée ou rat de bibliothéque, peut être que je distribuerai des poches plastiques à l'entrée du Géant Kasino en faveur des enfants du Burkina ou que j'apprendrai les rudiments du Français au Népaliens... peut-être.

Aujourd'hui j'ammènage toujours notre maison et notre environnement immédiat, aujourd'hui je participe à un atelier artistique et aujourd'hui j'adhére à un club sportif oui, mais lorsqu'un copain m'appelle, lorsqu'il fait trop beau ou qu'il pleut ou que je n'ai pas envie rien à battre de la sculture, de la natation synchro ou du bricolage je les ai prévenus...fi de tout engagement et de toute contrainte.

Quelque fois on déjeune à quinze heures, hier soir on s'est couchés à deux heures du mat' aujourd'hui on ne voit personne.

Bien évidemment le temps passe à une vitesse folle, de plus en plus vite c'est éreintant, certes. Mais la retraite, de la balle !