- Sous-Titre : Par l'ascenseur de vingt deux heures quarante trois...

 

Hier soir le train à grande vitesse reliant les deux capitales de notre beau pays avait à son bord une sacrée vedette. Après un peu plus d'une heure de voyage je quitte le "carré" que je partageais avec ces deux délégués syndicalistes...  attention je n'ai pas dit que le délégué syndicaliste était inutile, je-dis-simplement-que-le-trajet Paris/Bordeaux coincé-entre-deux-délégués-syndicalistes-bavards... ça peut user.

Direction le wagon-bar dès le sas franchi j'ai compris, il y a une grosse vedette à bord de ce train reliant les deux capitales de notre (très) beau pays ! La fréquentation est faible nous sommes trois mecs à attendre de commander un sandouiche pas désagréable du tout, au fond là bas-une trentenaire les oreilles remplies du kit mains libres et les yeux rivés sur l'écran de son ordi ne perd pas une miette d'un film pas quelconque pour elle, de temps en temps la fourchette plastique se heure à la joue plutôt que de se trouver face à une bouche bêtement ouverte, c'est ainsi. Face à face deux Anglophones Aglophonisent entre deux goulées de bière Belge... Le Barman, c'est le Barman l'Artiste... belle allure, la cinquantaine le cheveu blanc coupé très court tout comme la barbe impeccable l'uniforme, c'est un homme élégant et il le sait, une bouteille virevolte entre ses mains, il jongle avec les sucres fait son show il interpelle ses clients avec une voix bien posée regarde ses interlocuteurs droit dans les yeux il a un mot pour chacun c'est un hâbleur mais il a une grande classe son jeu n'est pas donné à tout le monde parce qu'il reste bien dans son rôle, fait son spectacle mais s'il perçoit l'agacement chez le client, n'en rajoute pas... il sait rester à sa place, mais si tu le joues son jeu alors là... là, pas la blague à la con sordide et déplacée non, il commente en rajoute fait le clown pendant que le Croque-Monsieur de Madame friselotte sous l'effet de la résistance électrifiée... Je suis client de ces personnages j'ai vraiment passé un très bon moment... jusqu'à ce que les haut-parleurs nous indiquent "... Mesdames et Messieurs le train qui nous précède a heurté un chevreuil, le conducteur a immobilisé le convoi en rase campagne il doit faire le constat des dégâts occasionnés, nous vous indiquerons les retards en conséquences... la SNCF vous prie d'excuser ce retard nous vous tiendrons informés en temps réel..."