Voilà peu de temps j'ai regardé le film de fabienne Godet intitulé "Ne me libérez pas, je m'en charge" retraçant la vie de michel Vaujour...

Quoiqu'il ait souhaité je crois, à une époque prendre la soutane, michel Vaujour n'est pas vraiment ce que l'on appelle un enfant de coeur, souviens-toi michel Vaujour c'est quelque chose comme 27 ans de prison dont plus de quinze à l'isolement total, 5 évasions dont une en hélicoptère piloté par une femme qu'il épousera et puis des braquages évidemment et puis de la violence extrème, jusqu'à recevoir une balle en pleine tête plongé dans le coma réveil en prison hémiplégique... un insoumis, sauvé par la pratique du yoga et par l'amour des femmes, un destin radical et surprenant.

A la fin de ce film j'étais vraiment secoué, la qualité du récit le portrait de cet homme le voir avec sa vieille mère, ses anciens copains, ou ses neveux... le voir s'esclaffer de rire mais également avoir la larme à l'oeil à évocation de la mort de son pote regarder ce visage dur, ce visage qui a tout enduré cette gueule ridée et implacablement déterminée... étrange.

Ai-je été un maton ou bien un taulard, un galérien dans une vie précédente... les histoires d'évasion, les bouquins de Bernadac dans les années 70 relatant de la survie dans les camps Nazis, la bio de charlie Bauer ce taulard militant que j'ai lue deux ou trois fois... Oui l'histoire de la prison m'impressionne, j'ai visité professionellement la centrale de Lannemezan par une matinée d'hiver, le vent balayait le plateau, la mine des types et la couleur du béton la même chose... ils me dévisageaient, le bruit du métal des clefs... je ne suis resté qu'une heure ou deux qu'est-ce que j'étais heureux de reprendre mon automobile et de retrouver la ville !

Je n'imagine  pas être enfermé une  année chez moi, dans le confort de ma maison avec tous ce que j'aime... sans avoir à supporter la promiscuité d'autres détenus rien que l'obligation de rester dans mes murs à moi, j'aurais un mal fou... mais survivre pendant des dizaines d'années dans les conditions d'un détenu ordinaire ça me paraît être au-dessus de mes forces...

A vingt quatre ans j'ai connu le froid des menotes, quelques heures retenu dans une gendarmerie du côté de Rouen, deux ou trois heures seulement... rien fait, j'étais simplement au mauvais moment au mauvais endroit les gendarmes m'avaient confondu avec quelqu'un d'autre... et puis j'ai pu me justifier, et puis j'étais aimé j'avais un emploi j'étais clair... ils avaient relié l'autre extrémité de la menotte à un tuyau de chauffage central... ils se sont excusés, "vous pouvez partir, on s'est trompés..." j'ai eu de la chance j'avais vu le révolver braqué sur moi, ça fait bizarre... une expérience,  j'ai une chance folle la liberté je n'en suis pas privé.