Sous-Titre : Est-ce qu'écrire, aimer jouir, est écrire un pléonasme...

 

"J'ai décidé de jouir !" Ces quelques mots prononcés en catimini devant deux ou trois personnes de connaissance et déjà, l'ambiance se fige, on se regarde on fait gaffe où trainent les mains et les pieds, les regards se font plus fuyants ou carrèment  fixes il y a de la méfiance dans l'air... pourtant...

Oui c'est vrai, laisser de côté la tendresse et devenir pour quelques minutes bestial s'adonner aux joies du corps, tenter l'extase et pourquoi pas l'orgasme c'est puissant, c'est jouir... vrai.

 

Ce matin je me suis levé tôt oui le temps est pourri mais je m'en cogne grave, alors j'ai ouvert lentement les contre-vents pendant que Jap'Rupson me tanne pour que je lui verse sa ration de croquettes déjà l'eau fémissait pour un café que j'ai dégusté très lentement je suis seul dans le silence le temps m'appartient, quel plaisir. 

J'adore ne pas avoir d'horaire à respecter, traverser le village à pied et pénétrer dans la boulangerie d'Alex retenir la porte avec un sourire a cette Dame qui peine à fermer son parapluie, repasser devant l'église deux mots échangés avec  Pascal qui déballe ses huitres, ce matin je ne lui achète rien.

Vendredi sur l'autoroute au temps dilué de centaines de litres de pluie, marre des nouvelles sur Inter d'un doigt je pousse un CD un instrumental, alors je baisse le régulateur de vitesse à 90, sors les paroles d'un vieil Eddy et pendant un quart d'heure seul au monde je pousse la chansonnette... Royal !

En automobile ou à pied les "raccourcis" les "passe pas par là, on va perdre du temps" je ne connais pas vraiment. Sortir de l'autoroute et faire dix à douze minutes de route afin d'aller casser une graine dans un troquet du Tarn et Garonne est une évidence c'est bien meilleur et ce n'est pas plus cher "Eh oui, mais ça fait perdre du temps..." Peut-être, mais c'est meilleur.

Sur une plage crier à pleins poumons contre le vent...

Quel grand plaisir par un début de soirée d'hiver de sortir une marmitte et tailler une simple soupe de légumes quelques minutes et déjà la cuisine embaume le bouillon fumant...

Ce petit griselis, l'instant même ou les lumières de la salle de cinéma s'éteignent où le film va commencer, s'engoncer dans le fauteuil ne plus penser à rien, se rendre disponible...

Offrir un compliment à ce commerçant même s'il n'a fait que son métier, un sourire gratuit à ce Vieux croisé sur un trottoir à cette Elégante, gratuitement. Traverser la rue pour saluer dignement telle personne et lui signifier que ça faisait un bail qu'on ne s'était pas vus.

Rentrer à la maison après une promenade ou après trois jours d'absence et se baisser pour démarrer un feu crépitant...

Se rouler à deux sous un plaid et regarder un DVD quelconque...

Boire un grand verre d'eau fraîche, quel petit bonheur !

 

J'ai décidé de jouir !