- Sous-titre : Fond de slip...

 

Vendredi dernier nous revenions de boire un petit noir dans un adorable petit troquet situé barrière de Bègles (oui, à Paris on parle de portes à Bordeaux de barrières...) le troquet porte le joli nom de "Le p'tit Monde Urbain" Paul conduit la Lagouna qui n'est toujours pas une Lagouna, on devait prendre les boulevards afin de rejoindre nos pénates lorsqu'il me dit "j'ai envie de prendre par le centre ville" la matinée est superbe va pour le centre ville, on va pouvoir se délecter d'une vue privilégiée sur les filles ainsi que sur les filles également.

En ce milieu de matinée les Capucins grouillent de chalands chalandant, les terrasses de la Victoire ne sont pas encore tout à fait occupées mais il y a de l'animation. Et puis nous abordons le cours d'Albret soudain un étrange sentiment me trouble... ici sur ma droite à moins de trente mètres et au premier égage j'ai passé quelques petites heures regardant la vie depuis cette fenêtre, le Bus 56, cette automobile arrêtée par la police alors qu'elle circulait sur la voie cycliste, ce type arrêté au feu rouge l'index dans le pif... la vie, et puis je détournais le regard et rejoignais ma chambre en faisant circuler à ma droite ce porte-perfusion relié à ma veine.

Je dis à Paul, j'étais là il y a quelques semaines... "Je sais Papa..." bref, à l'extrémité du cours d'Albret la place Gambetta et les filles, la vie !

Dans ce même hôpital en mai et puis en juin j'ai subi des examens pas très comiques assortis de séjours de deux nuits, je me suis dit ça va me rôder...Que nenni ! Je ne savais pas ce qui m'attendait et c'est tant mieux.

- Alors, nous sommes d'accord, je n'y ai passé que trois semaines, d'autres y passent des mois voire leur vie et je m'en suis bien tiré... pour cette fois. C'est entendu.

Un séjour à l'hôpital est une putain d'expérience, le genre de trip qui ne se partage pas. Tu es seul face à toi-même et rien ne compte d'autre que ton salut, à toi. Oublie toute dignité, tu es un malade c'est à dire un corps un peu abîmé et pas très beau, tu en doutes ?? regarde les autres pensionnaires... ça fait peur hein, hein... oui mais toi tu vas t'en sortir les autres rien à battre !

Oublie le fantasme du téton de l'infirmière visible dans l'échancrure de sa blouse, oublie tu chéris l'infirmière pour le soin qu'elle t'apporte pour un sourire bienveillant à quatre heures du mat". 

Seul. Seul malgré la visite des bons copains. J'ai eu le visite de bons copains mais comment dire... les bons copains c'est la vraie vie, moi j'étais la bête curieuse le truc mou allongé dans un lit trop petit trop étroit le corps relié à un tuyau... y a décalage. Deux bons copains sont susceptibles de lire ce billet alors les gârs je sais que vous êtes venus me voir animés par un sentiment pur et bienveillant, je vous en remercie mais je n'étais pas trop à l'aise, vous comprenez.

Les visites de la femmes que j'aime... bien. Ma Douce à été parfaite c'est à dire qu'elle a fait pour le mieux, elle a fait ce qu'elle peut et tu es toujours tout seul face a un truc que tu ne maitrise pas du tout. Le jour où le Médecin m'a annoncé que je faisais une sévère infection et qu'il fallait aller voir de plus prêt le soir même la femme que j'aime était à mes côtés et tentait de me rassurer... franchement j'aurais préféré être seul puisque de toute façon j'étais seul.

La douleur, l'angoise il me paraît évident qu'il vaut mieux ne pas les partager. Je vais très bien Jeanne ce billet est une réponse.