Sous-titre : "Demandez-donc à Bleck" citation du grand Docteur Greg.

Sous-sous titre : Bon alors, ça va être décousu parce qu'à 3 heures dix sept du matin il ne faut tout de même pas trop m'en demander et puis il y a une salope de mouche verte et bruyante qui m'énerve grave... qu'est-ce qu'il fait chaud cette nuit, tu trouves pas ??

 

D'autant que je me souvienne, je ne me rappelle pas avoir bossé... bon peut-être six mois sans discontinuer il y a bien longtemps mais guère plus.

C'est à dire que je vois peu d'intérêt au travail, attention il faut avoir connu le monde du travail afin de se structurer d'être inséré dans la société comme ils disent. Tu sais ce Mec brillant huit à dix ans d'études et puis que dalle, je le plainds vraiment.

Salarié depuis l'âge de 17 ans sans diplôme enfin pas tout à fait, j'ai mon brevet de 25 mètres nage libre et puis mon permis de conduire.

L'école fermait fin juin, ma Maman m'a trouvé un taf dès début juillet un petit coup de piston connaissait le pharmacien qui était quelqu'un au niveau de la Mairie, paf : sous-gratte papier, que des collègues féminines : pas glop si, j'allais chercher les viennoiseries à 16 heures quinze et j'en ai appris sur le coup de mousseux tiède dans le gobelet en plastique lors de la naissance du petit dernier et la galette des rois de chez Continent... lamentable.

A 20 ans je me retrouve je ne sais plus trop comment et pour cinquante francs de plus par mois à relever les compteurs de je ne sais plus quel fluide... ah !! Je m'aperçois qu'on peut avoir un salaire et ne plus avoir quelqu'un sur le rable... Ah ?? Je me fais chopper, viré, normal aucune expérience, j'apprendrai vite.

Un an à glander avec des voileux, une révélation, il y en a qui peuvent vivre sans travailler... des marginaux bien évidemment mais c'est la fin des 70" ça craque un peu de partout, année fabuleuse mais la "marge déclarée" c'est pas pour moi et puis je ne suis qu'un aventurier que dans ma tête, je veux de tout un tout petit peu.

Première réponse à une petite annonce : vendeur de voitures, j'achéte une veste une cravatte premier entretien tout timide, vous commencez lundi... Tiens ?? !! Je vends quelques voitures au losange le garage est situé face à la mer, l'école de voile est à trois cent mètres, le matin c'est café croissants baby foot avec deux ou trois autres vendeurs on déconne c'est gras et un peu con c'est drôle ça me déniaise. je suis appelé chez le directeur vous partez lundi à Rouen pour une formation de six semaines... veux pas y aller Rouen c'est loin... Lundi je me retrouve à Rouen au volant d'une belle voiture neuve un peu de fric je découvre les nuits à l'hôtel les repas au restaurant je veux dire au Restaurant pas au "café du Commerce" devant un oeuf mayo. Oh tiens, j'ai un grand souvenir : mon premier steack tartare sur le port du Havre servi par une Louffiate, une très vieille de quarante ans qui n'avait pas froid aux yeux, qui n'avait pas froid du tout d'ailleurs...

Bon je m'aperçois vite que d'aller visiter 13 prospects par jour ça prend du temps... ça prend beaucoup de temps, alors je visite deux mecs et pis le reste... j'ai toujours eu de l'imagination et puis il faut observer, un peu de chance également... ça passe bien évidemment je me fais avoir par le chef des ventes quelques fois... bah, je fais amende honorable... ça passe pour cette fois-ci... gaffe !!

 

PARIS : Soudain mes potes de Cherbourg me gavent grave (on ne parlait pas comme ça à l'époque d'ailleurs on ne parle pas comme ça en 2012 c'est total asbinne...) Par un beau samedi je ferme le magasin et prends la route direction Paris au volant d'une belle Fuégo GTS 9 cv gris métal... Paf, le lundi je redescends dans le Nord Cotentin amoureux et pour la vie... trois mois après je m'installe dans le 11 éme arrondissement... toujours pas envie de bosser. A la capitale ce fut plus dur... j'ai duré seulement trois heures dans une boite, 5 jours dans une autre... distribué des affiches, fait le démonstrateur au MIN de Rungis (un monde le MIN de Ringis tu ne connais pas... tu connais rien !) vendu du cuir six semaines, tenté de vendre des camions Mercédès huit mois, et beaucoup marché sur les boulevards, bu des verres de Perrier aux terrasses du 18 ème, c'est comme si j'arpentais la Grosse Pomme, émerveillé j'étais...

Le travail non, ça va toujours pas besoin... 

 

Alors j'entends la foule : "Mais t'es totalement irresponsable mon, pauvre vieux..." - Je ne crois pas, je suis dénué de toute forme d'ambition professionnelle et je n'ai pas besoin d'un salaire important. Désormais je sais être efficace et n'ai pas de temps à perdre pour gagner cinq pour cent de plus, je n'ai jamais été cadre, jamais sous-chef. Lorsqu'un quidam me demande ma profession je réponds depuis longtemps : Je suis un peu commercial.