Sous-titre :  - Ce billet est à lire au premier degré, pas de message politique, aucune moquerie, personne n'est visé, rien à vendre, même pas de message subliminal. (ce sous-titre est à lire au septième degré, mais vous en faites ce que vous voulez.)

Du café noir sans sucre et puis du pain grillé, de la confiture d'abricot mais auparavant une tartine beurrée d'un bon beurre Charentais à la motte, je ne mets pas de confiture sur le beurre, la femme avec laquelle j'ai la chance énorme de vivre boit du Ricoré (un tout petit peut de respect siouplait...) et pose sur son pain grillé une semelle de beurre sur lequel elle étale une couche de confiture... de fraises, la radio est allumée sur Inter c'est moi qui m'occupe du petit déjeuner nous déjeunons ensemble chaque matin en prenant notre temps, nous parlons plutôt beaucoup.

Toi qui es observateur, il ne t'a pas échappé que l'instant du petit déjeuner est un moment intime, que c'est un repas ou subsiste encore beaucoup d'habitudes, de rites inamovibles, de moments rien qu'à soit... où le moindre changement brutal dans un processus toujours identique va être ressenti tel une injustice qu'il peut provoquer une légitime frustration à la limite du drame personnel, tu l'as remarqué ça !!

T'as celui qui avale une boisson chaude vite fait sans rien croquer déjà habillé en tenue de taf. Celui et celle où c'est chacun pour soi à des horaires décalés et le post-it sur la hotte aspirante, t'as le couple petit déjeuner au lit pour Madame, chaque matin... ça existe, je te le dis ça existe. Ceux chez qui TOUT est préparé depuis la veille, la cafetière programmée, pas d'improvisation bordel ! Celui/Celle qui se lève systématiquement à la bourre ce sera la machine à café du bureau une barre chocolatée sortie du tiroir du bas du meuble de la photocopieuse. Le mec qui se tire au plus vite afin d'aller rejoindre deux ou trois potes chez Gégé juste avant le taf.

Depuis plus de vingt ans, je dors régulièrement à l'hôtel, rien ne décrit plus un individu que de le regarder prendre son petit-déjeuner :

Une salle de petit déjeuner dans un hôtel conventionnel, en semaine c'est plutôt légèrement sinistre et sans personnalisation aucune, un buffet, les machines à café souvent une télévision allumée, le personnel réduit à sa plus simple expression et des rangées de tables, parfois des journaux à disposition... sinistre.

T'as le type qui dit bonjour d'emblée en pénétrant dans la place, le mec sans un mot jusqu'à sa sortie. Le gars qui va se servir immédiatement un jus d'orange et qui le boit debout devant le distributeur... qui se ressert un autre verre. Le méticuleux qui repère chaque élément du buffet avant de se servir. Le goret qui prend de tout en trop qui en laissera un maximum sur son plateau. Les bavards sont minorité excepté lorsque ce sont des collègues de travail et se trouvent obligés de ramer comme des malades afin de prouver au collègue que dès le pied au sol il sont au top... Les femmes sont les plus discrètes c'est souvent un thé, trois biscottes et puis vite la table du fond sans un regard à quiconque dès fois qu'un main au cul... 

 

Lorsque je suis en déplacement et depuis quelques années en centre ville, je ne déjeune pas à l'hôtel je sors et me rends dans un troquet, à Toulouse par exemple,  sur le marché Victor Hugo chez Brigitte et son frangin on refait le monde pendant une demi-heure je m'engouffre un sandwitch rillettes ou un mixte jambon fromage tout en buvant du café et puis basta. J'aime la population du petit matin. Le matin tout est possible on peut traîner partout, pas de risques, tranquilles... Encore un matin.