12 mai 2009
Si j'étais né...
- "Si j'étais né en "97 au beau milieu, d'un champ de patates..."
L'autre matin, j'étais seul, fatigué là a attendre mon TGV qui me rapporterait tranquillement mais le plus rapidement possible (c'est qu'il a ses exigences le vieux Bleck !) à mon domicile. après une journée de réunion et une soirée dans un lieu prestigieux de la capitale de la Champagne j'ai peu dormi, j'ai bu beaucoup de ce breuvage doré et bullé... je suis fatigué, calme trés calme, satisfait de rentrer à la maison, j'aime cette sensation ou je suis seul, totalement assisté, mon billet dans la poche, rien à penser àlors mon esprit divague, une demi-heure devant moi avant de monter dans ce train rapide qui me laissera à la gare Saint-Jean terminus mais pour l'instant cette petite gare sortie de terre au milieu de champs de Colza, de céréales à pertes de vue pas une maison, la gare Champagne Ardennes est plantée là au milieu de nulle part... Je me suis accoudé à un garde fou et comme souvent je dévisage les inconnus... Ce couple la bonne trentaine, lui veille peinard sur les bagages posés à ses pieds, la femme avec un enfant dans les bras est chargée d'aller chercher le café il y a foule, il lui hurle "Prends-moi L'équipe... des clopes" pas un seul mot gentil, pas de formule de politesse, il laisse échapper leur fils ainé qui bondit dans les jambes de la mère, elle jette un regard froid à son mec (enfin, son mec, le père des enfants...) pas un mot sur le visage déjà fatigué où vont-ils ? chez les grand-parents... au Futuroscope, à Disneyworld en cette veille de long week-end ?
Plus loin, un groupe de séniors, pas de vieux cons, non tu sais le style 58-65 ans sac à dos léger, habillés sport et confort pas le genre à rouler en Porsche Cabriolet mais la carte bancaire à l'aise, sept à huit couples apparemment la gare est leur lieu de rendez vous la poignée de main, la bise est franche et réellement conviviale je ne saurai pas ou ils vont s'encannailler pour cette semaine. Une des femmes sort un grand Thermos et sert le café, un homme à pensé à acheter les viennoiseries tout ça me paraît fort bien parti, je remarque que les dames portent presque toutes les cheveux trés courts... sportives ? pratiques en tout cas ! Déjà quelques micro-groupes se forment par affinités, c'est marrant le son de leurs rires se calme...
Et puis la chef de quai là-bas... en uniforme rigide, professionnelle... je m'avance pour lui demander une banalité, j'ai ma réponse standart sans sourire, non déplaisante... standart, ferme professionnelle ! Je l'observe de plus loin et j'entrevois la femme sous l'uniforme, de beaux cheveux bouclés bruns retenus par un élastique sous forme d'une petite queue de cheval et emprisonnée sous le képi de rigueur, un visage qui ne manque pas de charme mais marqué par sa responsabilité qu'elle doit prendre bien à coeur... nouvelle peut-être ?? Je remarque ses chaussures, de jolis souliers avec un je ne sais quoi de branchitude... cette femme sous son uniforme est une femme de caractère... Une femme ! Et là le train arrive... 

Commentaires
Et dans le train, il s'est passé quoi?
J'aime bien tes portraits d'inconnus rencontrés au hasard e la vie
Je fais ça: observer les gens, les écouter...
surprendre les mimiques, les paroles dont on s'efforce de comprendre le sens...
c'est passionnant!
Bonne soirée Bleck
c'est mon passe temps favori, me mettre à une terrasse et regarder, imaginer.. observer....
ceux qui passent, mes voisins de table, écouter, aps par indiscrétion non... juste par curiosité d'imaginer derrière ce que j'entands...
Jolis portraits que tu nous fais partager là...
Voilà une des raisons au pourquoi j'aimais tant prendre le train ces dernières années... J'avais 10 heures devant moi (et parfois plus) pour observer, imaginer, rêver à ces gens croisés au hasard puis oublier.
Aujourd'hui je n'ai plus l'occasion de faire de si longs voyages en train. Mais observer les gens reste un réflexe dès que je monte dans le tram par exemple.
Observer
J'aime aussi observer les gens, écouter. Je suis toujours étonnée par ceux qui ne le font pas, exemple un voyage de 6 h en train et la copine qui m'accompagnait incapable de me décrire un seul des compagnons de voyage !
Bon, c'est drole car mon commentaire et déjà écrit par Marie.
Bon on est tous un peu observateur quelque part.
J'avais déjà remarqué que t'aimais bien les petits matins... moi c'est mon heure préférée... et j'aime bien la population de l'aube.
J'aimais aussi beaucoup prendre le train... C'est un peu comme un temps de pause... où on peut se laisser aller... d'autres on la responsabilité de tout ! l'horaire, le trajet...
C'est pourquoi, je pense, il est si tentant alors de se laisser à observer les autres autour de soi.
Mais depuis quelques années, je suis un peu trop abimée pour le faire. Autant j'adorais cela avant, trouvant toujours quelque chose de beau dans l'autre... autant aujourd'hui je me referme et me carapace et me mure et me... enfin... t'as compris quoi.
Je trouve les gens moins beaux, moins aimables...
Ce n'est pas eux qui ont changés ! C'est que je n'ai plus envie de les voir.
Peut-être que ça reviendra ! peut-être pas.
Tu sais ce que j'aurais fait finalement si j'avais été à ta place ? J'aurais pris des photos.
Voilà... ça m'évite d'avoir à les décrire. Je n'ai qu'à les capturer... et à eux de dire qui ils sont.
Bises Bleck et merci pour cette petite balade bien agréable.
@ Aude - Dans le train ? Bof, bondé... un café partagé avec les deux contrôleurs lorsque presque tout le monde a été débarqué au Futuroscope rien d'extravagant.
@ Coum" Marie Fleur de" Bruno - Nous partageons le même plaisir de tenter la découverte de l'autre, ah ces heures passées à une terrasse...
@ Louisianne - Absolument d'accord, je suis stupéfait lorsque je vois quelqu'un qui immédiatement, exactement quand il s'installe pour un moment d'attente sort un journal, un jeu, un roman, ouvre son ordi, son téléphone portable... un réflexe, alors que tout est à portée de pupille !
@ Pakit" - En effet, je privilégie le début de matinée ou la fin de la journée, en fait je profite mieux des instants qui nous sont offerts lorsque je ne subis pas la "masse" du peuple, c'est proprement dégueulasse ce que je dis mais je le pense. Prends une plage, une rue commerçante de quatorze à dix-huit heures c'est la vulgarité absolue... le matin, en début de soirée c'est comme si t'avais réservé... un luxe !
Alors ça !!!! alors ça ! J'adore ! je m'amuse souvent à observer les gens et j'adore tenter de deviner leur vie, je peux même rester un bon moment fixée sur une seule personne, le tout est qu'elle me "parle". Ici, pas de TGV, mais les terrasses de café sont au soleil 10 mois de l'année, ça aide !
Et là, tu nous as fait de très bons portraits, j'étais même à côté de toi dis donc !
J'espère que tu as une suite dans le train, parce qu'on y prend gout ! (ta faute, t'avais qu'à pas commencer)
Alors, c'est ça, les gens qui me regardent dans la rue? Des gens qui me calculent, qui extrapolent, qui veulent deviner une parcelle de ma vie?
Bon, je vois que nous avons tous le même passe-temps...Le tout est de l'exercer discrètement, l'air de rien, en sifflotant, derrière d'épaisses lunettes noires...
A Med'celine
Qui veulent deviner ou inventer une parcelle de ta vie :-)
C'est un de ces endroits où le temps prend la pause, et soi-même, on s'invite à attendre, à considérer la futilité d'être pressé, à sourire de l'air entendu de ceux qui savent... qui savent même tout ce qu'ils s'empressent d'ignorer le reste du temps, évidemment... C'est pas le supermarché des foules stressées, c'est même pas le marché, plus calme lui, mais encore bien actif, non, c'est la gare. Ce serait l'aéroport aussi, mais lui, c'est plus "grave", plus sérieux quoi... La gare, ça se pose, le train, il impressionne plus personne, et les gens, sur le quai, ils s'y trouvent coincés, si énervés qu'ils soient, ça fera pas avancer les wagons plus vite.
C'est vraiment l'endroit rêvé pour observer les gens, comme tu fais, à la dérobée. Un contact pour voir, une approche, rien de bien grisant, mais des choses comme on n'a pas si souvent l'occasion d'en voir... J'aime bien ton coup d'oeil : il manque pas de caractère, il grogne un peu par là, il s'attendrit plus loin, il s'émoustille en passant... Quelqu'un peut-être était là qui t'observait aussi ? Il devait te trouver curieux : l'homme qui regarde l'homme, l'humain intéressé du manège des siens...
Un bout de rien, un moment sympathique à te suivre...
Bien le bonsoir !
moi grande chanceuse que je suis, j'utilise ma voiture pour aller bosser. C'est aussi incroyable comme terrain d'observation, à la fois dans le rétro, et par la fenêtre. il faut dire que bien souvent dans les embouteillages, j'ai un peu de temps, pour laisser aller mon imagination sur la vie possible du conducteur derrière moi. c'est sympa aussi de voir les gens s'aimer ou s'engueuler sans rien entendre. quelquefois, je me dis que le type devant moi, il est entrain de faire la même chose que moi, alors je prends mon air "heureuse de vivre".
billet très sympa en tout cas.
@ Méd" - C'est ça, c'est tout à fait ça !
@ Bif" - Absolument tous ces lieux de transit, ces lieux d'escales sont des micro parenthéses dans nos vies trop bien réglées ou trop bien déréglées, on se làche un peu plus facilement on est ni chez soi, ni chez l'autre le train à toujours été un lieu de fantasmes, de rencontres, d'aventures (bon, c'est moins vrai avec les trains à grande vitesse, mais il y a encore 20 ans dans les trains de nuit...).
@ La Garce - Le spectacle en voiture est un peu différent il me semble que dans l'intimité d'une automobile on se sent chez soi (c'est dailleurs un des problèmes pour faire prendre les transports en commun le peuple veut sa voiture bien à lui...) Ceci dit tu as raison il y a des moments cocasse j'ai en mémoire quelques engueulades à croire que les gens que je suivais se croyaient dans une boite métallique sans fenêtre ou tout simplement qu'ils s'en foutaient...
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